Ne quid falsi audeat,ne quid veri non audeat historia

 « que l'Histoire n'ose dire rien qui soit faux, qu'elle n'ose taire rien de ce qui est vrai »

   VILLAGES FANTÔMES  des Basses Alpes    liste non exhaustive

La désertification d'un village souvent perché sur un promontoire vers la plaine ,résulte du tarissement de l'activité économique qui le faisait vivre ou d'une catastrophe d'origine naturelle ou humaine.D'autres causes peuvent expliquer le phénomène, comme la disparition des ressources naturelles comme l'eau potable,soit par la mortalité élevée de la population du aux épidémies  ( la peste le choléra etc. ).

 

L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique rapide et enfin l'abandon du lieu (entre le milieu du XIX

et le début du XXe siècle).

Leur existence et leur localisation ont toujours été connues,leur mémoire a été maintenue grâce à des mythes et des légendes. 

  Jean-Pierre                                                   

         

Conseil: cliquez sur la photo qui correspond à votre recherche pour visualiser le reportage complet

ABROS (broga) commune de st geniez

ABROS (broga)
 

 Le nom du hameau d’Abros vient du mot gaulois broga,champ ou limite.

  Le hameau d'Abros ancienne paroisse de la commune de St-Geniez,Proche de la rivière "Le Vanson",il est accessible à partir de Sisteron, par une piste parfois difficilement carrossable.

LA DÉTRESSE D'UN DES PLUS BEAUX DÉPARTEMENTS DE FRANCE,LES BASSES-ALPES
par Georges SADOUL

       Reportage du 10 AOUT 1939 - Tiré du journal "Regards " © Gallica.BNF.fr
       montage et diffusion © BassesAlpes.Villes.Villages

 Prenons-le un spectacle surprenant nous attend.

C'est tout près de Digne. Quinze kilomètres à vol d'oiseau. Et la Méditerranée n'est guère à plus

de quinze lieues de vol, avec ses palmiers, ses casinos,ses belles villas,ses fleurs, ses palaces,

sa clientèle d'autant plus vulgaire et arrogante qu'elle est riche.

Aussi quand un peu après midi nous avons bivouaqué sur les bords de l'Asse, un torrent aux gorges profondes,sur la grand'route toute proche les autos luxueuses se suivaient, pare-choc contre pare-choc, aussi nombreuses que sur la route qui va de Saint-Raphaël à Saint-Tropez, en pleine saison.


Nous étions en plein mois d'août. Il y avait eu un-vilain orage le matin, mais le ciel était à nouveau

bleu et il faisait maintenant très chaud.

 AIGLUN  (Aiglezino)
 AIGLUN  (Aiglezino)
Le village est une ancienne place forte,nommée castrum de Aglenio au Moyen Âge.Le nom de la commune apparaît pour la première fois dans les textes en 1195

 
LES BROCHIERS ( les Bruchiés )
commune de Chateauneuf Miravail
LES BROCHIERS ( les Bruchiés ) ​ commune de Chateauneuf Miravail
CERTAMUSSAT commune de Meyronnes
LA BATIE  commune Nibles

LA BATIE   (lieu dit) commune Nibles

  Autrefois,il existait au pied de la colline,un village au lieu dit "La Batie",faisant parti de  la commune de Nibles.Il ne reste à ce jour qu'un amas de ruines cachée par la végétation.

Nous avons commencé d'attaquer la montagne. C'était un très raide chemin muletier que nous montions

parmi ces arbustes nommés « fustés * et dont les feuilles, à l'approche de l'automne, commençaient à

devenir d'un rouge plus éclatant que le plus éclatant pétale de géranium.

 

En dessous de nous, la route -de la Côte d'Azur se rapetissait. Près de nous fut bientôt une sorte de

château abandonné dans les vignes redevenues sauvages. Le toit de la grande bâtisse tenait encore.

 

Mais les deux villages proches, Creisset et le Haut Villars, n'avaient plus une tuile. Dans les champs en terrasses,les mauvaises herbes, les orties et les chardons entouraient les amandiers secs, étouffés par

les ronces. L'église, tous plâtres tombés, n'était plus, sous le panier perce des poutres,peuplée que d'orties.

 

Ce n'étaient plus des villages mais de véritables squelettes aux os de pierre blanche, déjà secs, lustrés et

qui ne parlaient guère plus au cœur que les os humains préparés pour les cabinets d'anatomie.

 

Ce n'était pas le premier village mort que nous avions rencontré dans cette Haute Provence, magnifique et terrible.Nous avons perdu notre chemin dans les vergers morts.

Puis nous l'avons retrouvé à l'entrée d'une « clue », porte de pierre. Nous avons longuement monté jusqu'aux 1.400 mètres du col..

2 - Pendant une heure on a marché sur des sentiers caillouteux au milieu d'une végétation d'herbes folles ; et soudain apparaît sur le bord escarpé de la montagne le village de Creisset.

1 - Sur la route des Alpes bordée de peupliers élancés ou d'arbres rabougris,au lieu dit  < le Guinier »,deux chemins se séparent. L'un monte vers les villages abandonnés de Creisset, de Haut-Villars,du Poil.

CERTAMUSSAT

 

commune de Meyronnes

détruit par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale,

CHÂTEAU ARNOUX (Castrum Arnulfium) l'ancien village.

 

La localité apparaît pour la première fois dans

les textes en 1182 (Castrum Arnulfium).

CHATEAUNEUF MIRAVAIL  (Chastèunòu-Miravalh)

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIIe siècle.

CHATEAUNEUF VAL SAINT DONAT

CHATEAUNEUF VAL SAINT DONAT -

(Castrum novum vallis sancti Donati)

 

Le vieux village est abandonné après la fin du Moyen Âge.la localité de Châteauneuf apparaît pour la première fois dans les textes en 1143.

CHENERILLES

CHENERILLES   (Chereniho)

Chénerilles existerait depuis au moins 1193

(première citation dans les chartes),mais sa population fut anéantie par la peste de 1629,dont Chénerilles fut l'un des tout premiers villages touchés.

       CLOS MEYRAN commune des Thuiles

       CLOS MEYRAN

 

  hameau de la commune des Thuiles

CUREL (Civrello ou Curello)

LA GRANDE COMBE 

  commune de Beaudument - Le Vanson

3 - De loin, Creisset semblait un village comme les autres : des maisons autour d'un clocher. Mois lorsquon s'approche l'on voit que les maisons ne sont plus que des pans de murs et que l'église n'a plus de toit. Quel vent de mort a soufflé-là ?
 

Nous sommes arrivés au bord d'une vallée. La riche vallée de la Durance et la Montagne de Lure se voyaient au loin. Plus près de nous, autour d'un mas, un pré faisait éclater son vert éclatant et tendre dans un étonnant paysage couleur de pain brûlé. Notre chemin continua en corniche au-dessus de la vallée.

 

Nous avons traversé un beau bois de pins dont les pommes rondes et pressées s'accumulaient sur le chemin. Puis ce furent quelques beaux cèdres bleus et soudain un nouveau col.          

                « PASSE LE COL, LES FANTÔMES VINRENT A LEUR RENCONTRE. »

 

Nous marchions depuis de longues heures. Le jour s'assombrissait. Nous avons posé le sac au col que marquaient deux croix de bols penchées.Ici l'herbe avait été tondue par des moutons,premier signe d'une présence vivante depuis vingt kilomètres de désert.

 

L'endroit était si beau que nous avons pensé y planter la tente, mais nous nous sommes décidés à aller jusqu'au Poil, village au nom un peu comique, que la carte nous faisait espérer proche en lui attribuant, en 1924,114 habitants.

4 Le village offre un paysage splendide de montagnes calcaires et rases, mais la beauté du décor n'a pas suffi à la vie des hommes.

5 - Dans leur clocher carré,les cloches se sont tue

6 - Les maisons sont pour la plupart en ruines. Quelques-unes qui semblent encore solides ont leur propriétaire quelque part,en bas,dans la vallée plus clémente;celles-là ont leurs volets clos.

7 - Plus loin,le village du Poil est,lui aussi,déserté,et ses ruines se confondent maintenant avec les roches abruptes de la montagne sur lesquelles le village

a été construit.

CUREL (Civrello ou Curello) 

 

La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1274.Le village est durement touché par l’épidémie de peste de 1628-1629.

LE DUC ( Lou Duc ) commune de Méolans

LE DUC ( Lou Duc ) -

Hameau du vallon du Laverq - commune de Méolans

    L'ESCALE (Scalam )


        L'ESCALE (Scalam )

Ancien village de  (lieu-dit Vière "Vieris")

Il est déjà cité au XIe siècle.est ensuite cité en 1232

 et 1236, castrum de scala

FEISSAL (Feissalium) commune d'Authon

FEISSAL (Feissalium)  

 

commune d'Authon.le village est signalé dès 1113.

La commune de Feissal (97 habitants en 1765) fusionne avec Authon en 1936.

LA FOREST

Le hameau de La Forest est aujourd'hui complètement abandonné.
Ses maisons sont toutes ouvertes aux quatre vents et tombent en ruine

 HUBAC - commune de Jausiers


Le hameau de l'Hubac tire son nom du versant sur lequel il est situé,à l'opposé de l'Adret.
Au 18 ème siècle on y dénombré 28 maisons (soit environ 200 habitants)

Non loin de là, ce fut le Poil avec une grande place en terrasse sur le bord de la vallée, une
belle fontaine en pierre blanche, un clocher à jour où brillaient deux cloches de bronze, quelques beaux arbres et toute une rangée de maisons à un étage abritées à l'ombre d'un rocher en
pain de sucre. Sur tout cela le silence, et partout autour, une lande.

 

Pas un aboiement dechiens, pas un cri de coq, pas un piaillement d'enfant qui court, pas de vieillards assis au bord de la fontaine, pas de femmes qui viennent chercher de l'eau.

La fontaine est sèche et dans son bassin de pierre poussent des lavandes en touffe.

Les herbes ont envahi la place et chaque façade n'est plus qu'un décor.

Rien ne vit plus dans Le Poil. Le village n'est plus qu'un village fantôme.

9 - Le clocher à jour a conservé ses cloches de bronze qui,il n'y a paslongtemps encore, tintaient à l'angelus du matin et du soir.

Nous sommes arrivés là dans le moment le plus effrayant de la mort d'un village. t n y a peu de
temps que ses derniers habitants sont partis. H en reste même, peut-être, encore un ou deux,
comme en témoignent la présence des moutons et celle, dans un coin de la place, de la lavande
fraîchement coupée. Nous avons, ce soir-là, cherché les derniers habitants du village fantôme.

Et c'est seulement le lendemain matin, un peu après l'aurore, que nous les avons vu passer près de
notre tente. C'était un homme et une femme qui n'avaient pas beaucoup plus de trente ans.

Ils tenaient à la main la faucille des coupeurs de lavande.

Ils allaient le regard droit sans sembler nous voir, sans vouloir nous voir.

8 - Le cimetière du Poil est plein de hautes tiges d'oie sauvage auxquelles se mêlent les 1 fleurs artificielles des couronnes et les lettres blanches des inscriptions.

                               DANS LES RUINES DES MAISONS MORTES

J'ai vécu mon enfance dans les ruines d'une ville brûlée par la guerre. Mais je n'ai jamais,
de ma vie, vu rien d'aussi affreux que les ruines du Poil que nous avons longuement visitées ce
matin-là.

Cette maison a dû être celle du maire. En tout cas celle d'un homme qui s'est occupé des affaires
de la commune. En bas, donnant sur la place,c'est une pièce basse, une cuisine. Dans un coin,
près de l'escalier qui monte au premier, une cheminée provençale. Devant la cheminée une table
et sur la table, un peu en désordre, un gril de fer forgé, un soufflet, une cafetière, une fourchette de fer, deux cuillers, un bol. Le plafond est percé ; à travers les lattes, sans plâtre et deux étages de planchers effondrés, on aperçoit le ciel par le toit sans tuiles. Au premier étage, c'est bien pis.

 

Une armoire s'est renversée auprès d'un charmant petit secrétaire provençal de style rustique et les papiers, les lettres, les vieilles revues couvrent le sol. Il y a, dans un coin, près de la
fenêtre, le long d'un mur dont le crépi tombe, un lit de fer. Détail qui prend, à le remarquer, quelque chose d'horrible, il y a encore, dans le lit, un matelas et des oreillers que les décombres

recouvrent en partie. Le plancher ondule sous nos pas.
 

10 - Dans la sacristie,la lumière tombe par l'étroite fenêtre ouverte à tous les vents sur les vêtements sacerdotaux abandonnés par le curé.

JARJAYES SUR JABRON (Jarjayo)

JARJAYES SUR JABRON (Jarjayo)

 Le terme jarjayes est localement une espace où poussent les vesces

( plantes herbacées grimpantes )

C'est avec précaution que je m'avance pour ramasser une lettre par terre.

Elle est datée de Digne,17 mars 1918. Il y a tout juste vingt ans de cela.

C'est l'inspecteur primaire Molinot qui l'a signée.

« Monsieur le Maire,

« J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien informer les pères de famille de votre localité que, par le
même courrier, j'invite l'institutrice, Mlle Jaume, à rejoindre son poste.

« S'ils m'avaient écrit, aussitôt après avoir fourni la quantité de bois demandée, la classe serait déjà

rouverte. Je crois de mon devoir de leur rappeler que Mlle Jaume ne saurait être rendue responsable de
l'état de choses dont ils se plaignent.

« Elle fera tout son devoir, mais il importe que lu parents fassent le leur. S'ils manquaient de serviabilité à l'égard de leur institutrice, ils risqueraient de ne trouver personne qui consente à aller exercer dans
leur commune. Le fait s'est déjà produit pour une localité voisine. »

LAGREMUSE (Lagramusa)

LAGREMUSE (Lagramusa) - lézard gris -  

              
 Le village se situe entre Le Chaffaut St Jurson & Espinouse

LAUZIERE   (Adelzeria)

LAUZIERE   (Adelzeria)

 le castrum fut détruit par un violent incendie mais il est probable que c’est vers la fin du XVe siècle qu’il fut progressivement abandonné après les ravages de la peste et des bandes armées.

LES LUQUETS (lucus) commune de Noyer sur Jabron

LES LUQUETS (lucus)

Hameau - commune de Noyer sur Jabron


 Ce hameau est aujourd'hui en ruine,perdu dans la végétation

 LA MALUNE Commune d'Uvernet

11 - Il y a peu d'années,le Poil avait encore des enfants,une classe où une institutrice enseignait les fils et les filles de montagnards. Elle est abandonnée avec ses pupitres,son tableau noir.

Ainsi,il y a encore peu d'années Le Poil avait des enfants et une classe où une institutrice enseignait les fils et les filles de montagnards un peu sauvages et toujours pas très commodes. Sans doute le Poil avait-il encore, à ce moment,200 habitants. Et ce n'est plus maintenant qu'un vrai cadavre. Spectacle affreux.

                          LE DERNIER ENTERREMENT DU VILLAGE

Le cimetière est plein des hautes tiges des oseilles sauvages. Les touffes de lilas sont fleuries par les fleurs artificielles des couronnes et les lettres blanches d'inscriptions de métal : « A mon époux regretté », « A notre père ». Ces couronnes sont encore neuves. Nous écartons les feuilles de lilas. C'est en 1932 qu'a eu lieu ce dernier enterrement. Six ans seulement.On imagine, en voyant l'église proche,ce que fut la cérémonie.

A cette époque, déjà, la grande voûte s'était effondrée. Il ne restait plus de l'église que le pan de mur du clocher où le vent fait battre les cloches,la sacristie et, relativement intacte,
une petite chapelle voûtée où eut lieu la cérémonie. Si les immeubles ont pu s'effondrer, le mobilier n'a pas bougé depuis l'enterrement. L'autel a encore sa nappe de dentelles, son crucifix,ses saints de plâtre, sa pierre d'autel.

Un beau reliquaire du XVIIIe siècle représente le saint patron du pays. La porte du tabernacle est ouverte devant la pierre d'autel et son crucifix d'argent se détache sur une peinture enfumée. De chaque côté de l'autel,quatre, bancs. Tout cela est,aujourd'hui, couvert de plâtras et entouré d'orties.
On imagine ce qui se passa dans la chapelle quand les habitants du Poil y ont pris place pour l'enterrement du dernier, du tout dernier mort du village. Un vicaire était monté de la
vallée, marchant de longues heures.

Avec les parents venus de la plaine, le cortège n'avait, pas quinze personnes.

On portait le cercueil à bras d'hommes. Le cortège, pour arriver à la chapelle, dut, parmi les orties et les ronces, escalader les hauts décombres de l'église. Ainsi se célébra la dernière
messe. Les vêtements du prêtre sont encore restés dans la sacristie,avec le registre des baptêmes, la manipule,les burettes, la clochette dans une armoire. Mais sous la pluie, sous la neige,les restes de l'église fondent comme un sucre long à se dissoudre. Quand
le photographe, six mois après mon passage, est arrivé au Poil, il ne restait plus rien de la chapelle. La voûte s'était effondrée sur les bancs, sur le tabernacle, sur la nappe d'autel, sur les saints. Cet hiver sans doute les cloches de bronze, un jour de tempête,vont s'abîmer dans les débris de la nef avec les restes du clocher.

« Appel des classes »

Derniers vestiges de vie administrative. Sur la porte de la mairie qui contient encore une salle de classe abandonnée avec ses pupitres, son tableau noir, la chaire où enseignait
Mlle Jaume - une affiche blanche :
« Appel des classes. Composition du contingent à incorporer en septembre et octobre 1938. »

 LA MALUNE

  hameau ruiné de la Commune d'Uvernet

Le Hameau de la Malune était peuplé jusqu’en 1920

 

   MONTLAUX (Monte Lauro )

12 - Demier vestiges d'une vie administrative: sur la porte de la mairie une affiche blanche: « Appel des classes.' Composition

du contingent à incorporer en septembre et octobre 1938

Tout près de là une boite aux lettres dont la fente a été enclouée. Une inscription apprend que « la première levée de samedi est faite ». De quel lointain samedi s'agit-il ?.

                       Il n'y aura plus jamais de levée dans le village du Poil.

                MONTLAUX (Monte Lauro )

on a là,dominant la poignée de maisons ruinées du village et se campant à la pointe d’un éperon, d’assez proéminents restes de fortifications: pans de murs d’un rempart qui devait couper transversalement le plateau,donjon dont le temps n’a épargné qu’une vigoureuse encoignure.

MONTSALIER (de Monte Celeg)

MONTSALIER (de Monte Celeg)

Implanté initialement sur une crête,le village ancien a été abandonné pour la création d'une nouvelle zone d'habitation, dans la plaine,au XIXe siècle.

13 - Puis,la boîte aux lettres dont la fente o été enclouée.

Une inscription apprend que la première levée de
 samedi a été faite..

Au moment où j'écris, les deux derniers habitants ont quitté les ruines. La mort du village est totale. Deux ou trois fermes,trois cents mètres plus bas dans la vallée vivent encore, sur le territoire
de la commune et Le Poil continue d'avoir une existence légale. Le maire habite Digne. Il vend sur le marché de la lavande, du tilleul, des herbes..

  MORJUAN  ( Morjouan ) Commune d'Uvernet-Fours

             MORJUAN  ( Morjouan )

 

Hameau abandonné de la  Commune d'Uvernet-Fours

    LES NAUX  (Naut,Nau) Commune D'Entrepierres

          LES NAUX  (Naut,Nau)

 

Commune D'Entrepierres
  Créé au XVIIe siècle,Les Naux a connu le sort des villages de bergers de Haute-Provence.

     NOYERS le HAUT (Nogueriis)

14 - Malgré sa vie abandonnée,le Poil a toujours un maire,qui habite Digne et vend sur le marché de la lavande,du tilleul,des herbes.

Chaque année,quatre fois,pour que les formes soient respectées,le maire et les conseillers municipaux montent vers le lointain village et tiennent conseil dans la mairie.

Puis la mort reprend possession du village fantôme qui continue d'être,officiellement,l'une

des 35.000 communes de France.

« Ça fait peine à voir,un pays en ruines comme celui-là »,me disait un garde forestier de

Bedejun qui me parlait du Poil. Et en effet,dit on n'est plus atroce.

Je ne connais pas un aspect plus abominable,plus tragique,du drame de la dépopulation.

Mais que faire pour remédier à cette situation ?

                               REGAIN DES VILLAGES FANTÔMES  ?

A quelques kilomètres de là,à Manosque,vit un écrivain qui a fini par croire tellement en lui

qu'il se fait passer pour prophète. C'est Jean Giono. Un de ses livres s'appelle Regain et

tout le monde en connaît le sujet depuis que Marcel Pagnol en a fait un film avec Fernandel

et Orane Demazis.

Regain c'est la résurrection d'un village abandonné de Hautes-Provence,d'un village comme Le Poil. Il suffit que le dernier habitant,un garçon de trente ans,trouve une femme,ait un enfant,emprunte à des voisins une charrue et du blé pour que le village renaisse tout à coup de ses ruines et que la campagne se repeuple. Une des dernières images du film montre la
charrue retournant une terre grasse et fertile où le blé va plantureusement germer au pied du village qui va,demain,renaître de ses ruines.

Hélas ! le poète-prophète ne pourra faire renaître de cette façon simplette Le Poil,Creisset,le Haut-Villard,Levens ou d'autres villages abandonnés des hauts plateaux.aux environs de Digne ou de Castellane. Car tout autour de ces villages,

j'ai vainement cherché les terres grasses aperçues dans le film de Pagnol.Je ne m'en suis pas,  d'ailleurs,étonné.

                  NOYERS le HAUT (Nogueriis)

 

l’ancien village situé à 1000 mètres,se trouvent notamment les restes du château du XIIIe siècle,les ruines de l’ancien village,et l’église Notre-Dame-de-Bethléem et Sainte-Euphémie,ou de Haut-Noyers.

        ONGLES (Ungula)

              ONGLES (Ungula)

 

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1073 (Ungula)

Mentionné pour la première fois en 1073,le castrum (d‘Ungula doit abriter entre ses murs la quasi—totalité de la population du terroir d'Ongles.
 


 LE POIL (Poium)

le Pel en latin Pirus en provençal lou Pel- commune de Senez.  - La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1056.  - le village a été déserté dans les années 70.

ROCHEROUSSE - commune du Lauzet

ROCHEROUSSE - commune du Lauzet

Le hameau de Rocherousse à été incendié en 1690,du temps que le marquis de Parelles entra avec une armée de quatre ou cinq mille hommes sur les terres de France.

15 - et quatre fois par an, pour que les formes soient respectées,il

préside le Conseil Municipal,dans une maison vide entourée de silence.

Je n'ignorais pas que pour tourner « Regain » on n'a pas amené en montagne une équipe d'acteurs et de gens de cinéma mais qu'on a dû reconstruire dans la plaine fertile des environs de Marseille un village abandonné.

Non,on ne trouve pas,autour de ces villages,des grasses terres « qui ne demandent qu'à se donner sous la rude caresse du laboureur » mais des landes où il n'y a plus que des cailloux et même presque plus d'herbes « La richesse du Poil,disait le maire du Poil à notre photographe Pigelet,c'était le mouton; maintenant l'herbe ne vient plus,les terres sont pauvres.

On ne peut plus y vivre,il n'y a plus moyen d'y manger.
 

16 - Mois lorsqu'on prend l'autre chemin qui part du Guinier, l'on monte vers Bedejun-Loclappe par un beau sentier que les eaux et forêts entretiennent.

SAINT SYMPHORIEN (Sanctus Symphorianus)

SAINT SYMPHORIEN (Sanctus Symphorianus)

Commune d'Entrepierres - village ruiné.

Elle est citée en 1038 lors de donations faites au prieuré de Saint-Geniez par un certain Arnaldus presbiter de Sanctus Simphorianus

   SAINT VINCENT SUR JABRON  (castelli Sancti Vincentii)

    SAINT VINCENT SUR JABRON  (castelli Sancti Vincentii)

    La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1031

                                     OU LES MOUTONS DÉVORENT LES HOMMES

Voici ce qu'écrit, à ce sujet, un manuel de géographie en décrivant le bassin de la Durance où se trouve
Le Poil :
« Les forêts abondaient autrefois. Elles maintenaient en place un sol feuilleté qui a tendance à glisser

et qui se débite en grandes dalles. Mais les habitants ont dépouillé la terre de son manteau protecteur.

« Le défrichement a été activé par des coupes nettes, des coupes « à blanc »; enfin, les moutons ont rendu le mal irrémédiable car en broutant les jeunes pousses, ils empêchent la reconstitution des
bois. Or ils sont nombreux, les uns restant au pays, les autres venant de la Crau périodiquement.

Le résultat a été terrifiant.

Puis, dans l'appauvrissement général,les moutons,à qui on avait tout sacrifié,ont eux-mêmes beaucoup diminué. Le nombre des transhumants est tombé de 300.000 à 60.000.Finalement,l'homme a dû quitter en masse un pays en ruines. * (Fallex et Mairet, La France, Classe de première,1922.)

Voilà la tragique histoire du Poil et de beaucoup de villages des Basses-Alpes. La ruine des villages est la conséquence de la ruine de la terre, la ruine de la terre la conséquence d'erreurs que l'homme paye aujourd'hui durement. Les habitants du Poil,de Majastre, de tous ces villages sont descendus maintenant les uns à Digne (cette ville jadis morte à laquelle,comme à Castellane, le trafic automobile,

dix fois multiplié en dix ans sur la route de la Côte d'Azur,rend une vie nouvelle) ;

SALIGNAC - (Salinhac) (castrum de Saliniaco)

SALIGNAC - (Salinhac) (castrum de Saliniaco)

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIIIe siècle, sous le nom de Salinacum.
 Il était alors perché sur un promontoire,à l’est de l’emplacement actuel.

 LA VIGOUREUSE - commune de Sourribes

 LA VIGOUREUSE - commune de Sourribes 

  En 1851,Vigoureux comptait 10 maisons et 45 habitants

puis en 1886 d'après le recensement de la population,

le nombre d'habitants est de 16 personnes.

VILLEVIEILLE (Villa de Podio) commune de Ganagobie

VILLEVIEILLE (Villa de Podio)

 

commune de Ganagobie
   le village médiéval n’a été qu’éphémère: guerre

de religion et peste ont fait fuir les habitants et les moines au XVI è siècle.

17 - Tout alentour, la montagne a été

reboisée. La terre végétale se reforme et avec elle renaît la vie.

                                           L'AGONIE D'UN DÉPARTEMENT

Ainsi les Basses-Alpes se sont-elles dépeuplées avec une effroyable rapidité. Voici comment M. René Bied Charreton décrit,dans « Études »,
(revue publiée par les R.P.Jésuites),la marche de la dépopulation dans le département:

« De 165.000 habitants en 1793,les Basses-Alpes tombent à 146.000 en 1815.

Puis grâce aux belles natalités de ce temps,la population remonte à 156.000 habitants en 1841.

C'est ensuite la chute continue. En 906,113,126 habitants. En 1931, 87.893 habitants dont 7-324 étrangers.

 

En 135 ans,cette malheureuse région a perdu la moitié de sa population.

La densité de sa population, avec ses 12,6 habitants au kilomètre carré,vient loin derrière la Lozère (20.2),le moins peuplé des départements après lui.

 En 1830,les départements de Haute-».Provence avaient connu une prospérité,grâce à des petites industries florissantes:
brasseries,minoteries,huileries,corderies,que la construction de nouvelles routes avait fait naître.

Puis sont arrivés trois grands maux: la dégradation des terres par la transhumance des troupeaux,le déboisement, l'exode vers la côte.

 

Dans l'arrondissement de Digne,l'excédent des décès a atteint 28 %  pendant les années 1926 et 1927. Il y a dix ans,45 écoles avaient eu moins de cinq élèves.

Des noms de communes disparaissent:
Creisset,dans le canton de Mezel,qui avait encore 80 habitants en 1906, n'en a plus un seul en 1926. On n'y voit plus que quelques murailles.
 A 5 kilomètres de Digne,le bourg de Courbon a encore fière apparence sur son éperon.

Suivons l'enquêteur: 20 personnes dans les ruines 1 à Riez,commune de 300 habitants,une année entière s'est passée sans une seule naissance.

.En face d'une pareille situation,quelles mesures envisage l'administration de ce département ?

Tout simplement le suppression d'un certain nombre de circonscriptions administratives,c'est la froide acceptation du suicide. »

Que doivent faire ceux qui n'acceptent pas le suicide ?

Quelles solutions doivent préconiser ceux qui veulent voir renaître ce département,enrayer cette effroyable dépopulation ?

Si l'on suivait l'idée de M. Giono,il suffirait que des hommes et des femmes,jeunes et courageux,s'établissent dans les villages en ruines pour que le regain se reproduise à nouveau, pour que renaisse la vie d'une terre grasse et fertile.

liste non exhaustive

 © 2017 by Jean-Pierre . created © BassesAlpes.villes.villages

18 - Là,un village s'est reconstruit ; on a relevé les maisons qui s'étaient écroulées,les nommes ont vaincu la ruine causée par le déboisement. Et à Bedejun-Laclappe,des réfugiés espagnols travaillent à refaire de ce village forestier un coin prospère.

                                   IL FAUT FAIRE RENAITRE LA FORET

C'est là une baliverne plus grave que de mettre la charrue avant les bœufs On ne peut transplanter des hommes dans des terres là où il n'y a plus ni herbes pour nourrir les bœufs,ni terre à labourer. Avant de faire revenir les hommes,il faut d'abord faire revenir la terre,tourner le film de la destruction à l'envers,ramener ces montagnes à l'état de nature,je veux dire à l'état où elles étaient avant d'être dévorées par le mouton. Bien entendu,je ne parle pas ici pour tous les pays des Basses-Alpes,mais seulement pour les villages de montagne qui sont dans la situation du Poil.

Le problème des vallées comme celle de la Durance est entièrement différent,et je ne le connais guère. Le cas de ces villages de montagne est d'ailleurs un aspect très particulier du problème général de la dépopulation, dû,dans la majorité des cas,à des causes avant tout économiques et
non comme ici,actuellement,en majeure partie naturelles.

Tourner à l'envers le film de la destruction des Basses-Alpes,cela signifie avant toute chose reboiser. Le premier village abandonné que j'ai rencontré en 1931 entre Barrème et Digne c'était Bedejun avec son église morte,ses rosiers devenus églantiers derrière les barrières de bois encore
debout autour des jardinets. Tout autour de Bedejun (comme maintenant encore autour du Poil),le terrain fondait. Au col les schistes croulants avaient emporté la route.

Une route qui avait été large et belle, l'ancienne route nationale,qu'avait suivie,jadis,Napoléon à son retour de l'Ile d'Elbe.

Je suis retourné,l'autre été,à Bedejun. Là,il faut le reconnaître,un gros effort avait été tenté par l'administration des Eaux et Forêts Il y a on le sait une sorte de snobisme autour de « la route Napoléon » qui va de Paris au Golfe Juan. Puisqu'elle passait à Bedejun,on s'est piqué,on
a voulu la reconstituer. Mais il était Impossible moralement de faire passer de luxueuses autos au milieu d'un village en ruines,spectacle véritablement indécent et insupportable ; il était impossible physiquement de faire tenir une route dans un terrain croulant,qu'aucune végétation ne retenait plus et qui glissait comme des sables mouvants.
 

Le Poil commune de Senez

On a donc reboisé partout (et en six ans les pins et les mélèzes sont déjà des arbres d'une belle hauteur, le pays est tout transformé). Une magnifique route court dans les terres déjà à peu près stabilisées. On. a démoli les ruines du village et avec leurs pierres on a bâti une sorte de série de pavillons d'exposition universelle, entourés de barrières blanches,de massifs de bégonias, de jets d'eau,de fausses cascades. Il y a là des maisons pour les gardes, une auberge de la jeunesse, une maison commune pour les bûcherons, un petit musée établi dans l'église reconstruite.

 

Tout cela est très pimpant, très neuf, cela jure dans le paysage et c'est dans une certaine mesure un peu un décor menteur, une sorte de village à la Potemkine, bâti sur la route que suivent les

tzars de ce temps, pour ailler déjeuner dans les restaurants de Saint-Tropez (85 francs sans le vin).

Mais ce n'est pas en trois ou cinq ans que peut s'opérer la résurrection d'un pays qu'il a fallu 150 ans pour détruire.

                                  LA VIE RENAIT A L'OMBRE DES ARBRES

Néanmoins, on peut imaginer ce qui se produira lorsque Le reboisement,au lieu d'être strictement limité aux environs de la Route Napoléon aura été énergiquement poursuivi dans tout le département, dans toutes les régions de France où la situation est semblable.

Les arbres stabilisent la montagne.Les roches « tiennent » à nouveau.

La terre végétale revient. Les branches et les feuilles retiennent les pluies d'orage, entretiennent, l'humidité, domptent les torrents. Les vallées qui ne sont plus inondées par la boue, redeviennent fertiles. La capricieuse Durance elle-même régularise son cours et des terres arables peuvent être gagnées sur son lit.

Les dizaines d'années passent. Aux ouvriers employés au reboisement,ont succédé les bûcherons. On commence d'exploiter (raisonnablement) les forêts neuves. Les charbonniers s'établissent, et les scieries au bord des torrents. On utilise le bois comme carburant national.

 

Dans certains coins de montagne, dans des vallons bien abrités, les villages peuvent renaître à côté de ruisseaux désormais revenus et régularisés. Le tilleul, la cueillette de la lavande sur les roches
où la forêt n'aura pu mordre, le miel,les vergers de pêchers ou d'amandiers,la culture des légumes peuvent maintenant permettre aux villageois de vivre à leur aise.

 

En même temps que les forêts on aura créé les routes qui sont d'ailleurs indispensables à leur
exploitation. Ainsi dans les villages ressuscités de ce très beau pays le tourisme pourra apporter une importante ressource. Plus près de la côte,vers Thorenc, dans des régions géographiquement semblables, mais où la forêt n'a pas été détruite, les villages restent vivants et ils sont tout l'été
et pendant les neiges d'hiver pleins de touristes.

Un tel programme demandera peut-être un demi-siècle pour se réaliser pleinement. S'il est à longue échéance,raison de plus pour qu'il soit immédiatement entrepris. Il ne faut pas attendre que les montagnes complètement écroulées ne laissent plus que des tas de cailloux infertiles pour essayer de sauver le pays d'une ruine totale et peut-être irréparable. Que dès maintenant on entreprenne le reboisement de la totalité des parties montagneuses du département, que l'on perce de nouvelles routes ou qu'on remette les anciennes en état,qu'on encourage les paysans qui vivent de la lavande, du tilleul, du miel. Le problème des voles de communication est ici capital.

 

Le maire de Poil racontait à Pigelet que beaucoup d'habitants ne voulaient pas quitter leur terre natale. Mais leur maison s'écroulait. Ils demandèrent à des entrepreneurs de Digne de La réparer. Mais ils durent y renoncer quand ils connurent le montant des devis. On imagine quel doit être le
prix d'un sac de ciment, d'une tuile,d'une journée d'ouvrier quand il faut faire plusieurs heures à dos de mulet pour les apporter au pays. Qu'on songe qu'il existe bien quelque part une gare qui s'appelle Mezel - Le Poil.

Mais Le Poil était à huit heures de marche de la gare et par des routes qui ne permettaient pas aux voitures de circuler. Ce fait a joué son rôle dans la mort du village.

A quel prix pouvaient donc venir le médecin, la sage-femme, le boucher, les marchands ambulants, les forains ? Si le train et la route carrossable étaient éloignés du Poil, l'électricité n'y est
jamais venue. L'électrification peut aussi faire renaître le pays. On n'a pas fait assez dans ce domaine. J'ai vécu en 1931 à Castellane et la petite ville était pleine d'une joyeuse animation. Deux ans plus tard elle était retombée dans sa torpeur. L'énorme barrage du Verdon qu'on construisait tout près de là avait été commencé par des Allemands au titre des réparations.

 

En 1932, les travaux avaient été abandonnés et nul n'a parlé depuis de les terminer.

 

De gorges du Verdon pour créer une centrale électrique ont été abandonnés avant la guerre et jamais repris. Et on peut en dire autant de presque toutes les richesses naturelles du département qui restent inexploitées,comme, entre autres, les gisements de lignite près de Manosque.

 

Les Basses-Alpes sont le département de France où la lumière est la plus belle, où le ciel est le plus clair, où l'on voit le plus d'étoiles, à travers les lunettes de l'observatoire de Forcalquier. où la

*lavande embaume le plus. où le miel est le plus parfumé, où les montagnes sont les plus pures, où, dans un air méditerranéen, flottent les arômes de l'antique culture grecque.

Mais cette Attique n'est pas, en dépit des bavardages pseudo-prophétiques du Bas-Alpin Giono, une nouvelle Arcadie où tous les bergers, vrais poètes, vivent au milieu d'une nature
toujours prompte à donner.

Dans ce pays tragique et splendide les hommes ont déchaîné maladroitement les forces de la nature et sont menacés d'être demain anéantis par elles. Il faut qu'interviennent d'une manière rapide et efficace les pouvoirs publics. La politique de la borne-fontaine doit permettre aux
hommes de maîtriser la nature et de retrouver ici « les vraies richesses »

 

Sinon les mitrailleuses de M. Paul Reynaud ne défendront plus demain contre Mussolini, qui revendique toujours plus hardiment la Haute et la Basse-Provence, qu'un département peuplé du seul M. Giono, occupé à écrire sous les étoiles un feuilleton lyrique à la gloire de la vie facile et
belle des paysans bas-alpins, destiné à être publié dans le « Volkische Beobachter ».

Georges SADOUL

Les communautés de Haute-Provence au Moyen Age,Problèmes d'habitat et de population


                                         L'ORIGINE DES VILLAGES de HAUTE PROVENCE

Vers la fin du X siècle et au XI siècle,on commence à voir apparaitre le terme CASTRUM , qui désigne vraisemblablement une agglomération fortifiée,installée souvent sur un site perché.


 Durant  le X siècle,villa et castrum sont employés d'une manière concomitante dans les textes; certaines villes deviennent des castra,d'autres restent connues sous le nom de villa,et elles ne vont pas tarder à disparaitre.


 Au XII siècle,on trouve,le plus souvent employé dans les textes,le mot castrum ; ces agglomérations qui,à quelques exceptions près,ont persisté durant des siècles sont les ancêtres de nos actuels villages.


 Au XII siècle,des édifices plus vastes se construisent dans les villages en voie de fixation,et ceux du XI siècle subsistent comme chapelles rurales.
 Ainsi,une donation faite en 1123 par l'évêque d'Apt à son chapitre cathédral énumère les églises de nombreux castra; à quelques exceptions près,ces villages existent encore: Montsalier,Vachères,Sainte-Croix,Oppedette ,n'ont eu qu'une existence éphémère.

Il semblerait donc qu'en zone rurale on assiste entre la fin  du X siècle et le XII siècle à un mouvement de concentration de populations,jusqu'alors éparses,à l'intérieur de villages fortifiés ( 2) ce rassemblement se conjugue avec un essor démographique qui accroît sans doute la formation et le développement de ces nouvelles agglomérations.Là encore,les textes manquent pour étayer très fortement cette hypothèse.

 

On peut évidemment s'interroger sur le niveau démographique existant avant cet essor. Ce problème est lié à celui de l'importance que l'on reconnait aux ravages des Sarrasins.

La Provence alpestre,terrain d'action privilégié des bandes musulmanes,a du être plus dépeuplée que la

vallée du Rhône.
 Nous n'avons pour ainsi dire aucun document pendant près de deux siècles sur la Provence centrale; est-ce parce que les sources écrites ont disparu,ou parce que ces régions n'abritaient presque plus personne et que leurs  habitants s'étaient réfugiés à l'ouest,dans la vallée du Rhône,et entre cette vallée et la Durance ?

Déjà le polyptyque de Vuadalde au début du IX siècle décrit de nombreuses exploitations abandonnées dans les villes de l’église de Marseille situées en haute Provence,dans la région de Digne ou près de la vallée du Verdon.

Il est surprenant aussi de voir au début du XI siècle des familles de la région d'Apt,comme les Faraud,donner

aux abbayes de Lérins,de Saint-Victor et de Saint-Eusèbe,de vastes portions des vallées du haut Var,du

Verdon et de l'Esteron,comme si ces régions,presque désertes,étaient à remettre entièrement en culture.
 

Jusqu'à présent on avait bien souvent attribué à la crainte des bandes sarrasines la fondation des villages

situés en hauteur sur des sites faciles à défendre.

De fait,certains habitats perchés peuvent être de cette époque et même antérieurs,alors que subsistent

largement après le départ de Sarrasins des habitats de plaine.

Par contre,au XII siècle,les agglomérations élevées et fortifiées semblent de règle,sauf peut-être dans

certaines hautes vallées,où des textes du XIV siècle montrent

l'existence de nombreux écarts (régions de Guillaumes,Colmars,Barcelonnette).

 Ainsi ce serait le morcellement du pouvoir central et les brigandages des barons batailleurs de cette époque

qui auraient entrainé cette concentration et ces précautions défensives,bien plus que la terreur des bandes musulmanes.

LES COMMUNAUTÉS DE HAUTE -PROVENCE AVANT LA CRISE DE LA SECONDE MOITIÉ DU XIV SIÈCLE

La carte des feux de Provence au XIV siècle montre une population abondante établie en haute Provence,

et un certain équilibre démographique qui ne sera jamais plus réalisé entre les Alpes de Provence et la zone maritime et rhodanienne.

En examinant les tableaux de mon ouvrage sur la démographie de la Provence,qui récapitulent les feux des communautés réparties selon les baillies et vigueries,on remarque qu'il y a,en 1315,peu de communautés très faiblement habitées,c'est-à-dire inférieures à 25 feux (environ 125 habitants) ; cependant le pourcentage

de ces villages de faible population varie suivant les circonscriplions : du sixième au quart dans celles de Sisteron,Forcalquier,Moustiers,il atteint un tiers dans celle de Digne et la moitié dans celle de Castellane.

En dehors des villes de plus de 400 feux (Moustiers,Riez,Valensole,Forcalquier, Manosque,Sisteron),

les agglomérations les plus peuplées (soit entre 100 et 300 feux) se rencontrent assez  disséminées dans la plupart des baillies de haute Provence,mais très nombreuses dans les baillies de Barcelonnette (7 sur 10)

,Seyne (5 sur 13) et Colmars (4 sur 5).
 Cependant,dans ces régions qui couvrent les hautes vallées de l'Ubaye,de la Blanche et du Verdon,ces grosses communautés ont en fait chacune de nombreux écarts et l'habitat,contrairement au reste de la Provence,n'y

est  pas concentré.

Dès le X siècle,en haute Provence,on note l'abandon de quelques villages particulièrement haut perchés et

qui ont été avantageusement remplacés par de nouvelles agglomérations,mieux situées sur les coteaux ou

dans les vallées à proximité des axes de circulation.

M.Stouff a clairement montré ce glissement pour quelques villages du versant sud de la montagne de Lure

(Vière et Giron,par exemple,délaissés pour Saumane,l'Hospitalet et La Roche-Giron (4).

            HABITAT ET POPULATION AU MOYEN AGE  vers une situation plus favorable au commerce.

Ainsi à Reillanne,étudié par Mm.Poppée,à côté de la haute agglomération où subsistent les églises et les demeures des seigneurs,se développe un quartier marchand situé plus bas et mieux relié aux voies de communication.

La région des hautes vallées se distingue également des autres parties de la haute Provence par l'importance

des libertés municipales; dès la première moitié du XIII siècle,des consulats sont attestés dans de nombreuses communes (par exemple,douze consulats autour de Seyne,souvent sur le modèle des privilèges de cette ville).


 ces communes,qui jouissent d'importants privilèges,ont aussi la gestion de vastes communaux,constitués

par des forêts et des alpages.

Tout à fait différente est la condition,à la même époque,des populations des plateaux de la moyenne Provence (notamment de la baillie de Castellane); le pouvoir seigneurial y est encore très fort et à côté de quelques tenanciers libres,il y a un pourcentage important de serfs grevés de redevances et de lourdes corvées (6).


 Dans la vallée de la Durance,de nombreuses comnmunautés ,sans avoir acquis une véritable autonomie de gestion,ont cependant,par des accords collectifs,limité l'arbitraire des seigneurs (exemple,l'accord d'Oraison

de 1260).

                    CRISE DÉMOGRAPHIQUE ET DÉSERTION DES VILLAGES AU XIV ET XV SIÈCLE

En haute Provence,notamment,les défrichements et les pâturages mettent dangereusement en cause le manteau  végétal naturel et accentuent une érosion des sols qui peut devenir catastrophique.


 Les mutations dans l'ordre économique et social (développement des libertés paysannes et urbaines,appauvrissement des seigneurs fonciers),l'évolution des mentalités sur les plans intellectuel et

religieux amènent aussi les populations dans un état d'équilibre instable.

 On a insisté également durant ces dernières années sur l'importance de l'évolution climatique parmi les

causes  des crises du XIV' siècle.

 Durant la première moitié de ce siècle,on a relevé des indices de nombreux étés catastrophiquement froids 

et humides,alors qu'au siècle précédent le temps avait été beaucoup plus favorable (8).


 Une série de mauvaises récoltes,liées à cet le détérioration climatique,a pu,en de nombreuses régions,arrêter

la croissance démographique et affaiblir la résistance des populations.

Une enquête,menée en 1343 dans la baillie de Puget-Théniers,est pour la haute Provence tout à fait révélatrice

de ce processus.

Les commissaires de la Cour constatent que depuis une dizaine d'années les communautés des régions

d'Annot et Puget-Théniers ont perdu près du tiers de leurs habitants.

Les textes rapportent minutieusement les noms des disparus et la cause de leurs départs:  appauvris et endettés auprès des usuriers,ils ont quitté leurs terres,sont morts,

ou ont été réduits à la mendicité ou se sont réfugiés dans des villes de la zone côtière.

Une enquête sur les droits de pâturage à Mezel et Ainac dans la baillie de Digne en 1345  signale par ailleurs

une autre cause de récession démographique  dans les Alpes de Provence avant la peste noire: l'abus des troupeaux étrangers,introduits par des coseigneurs besogneux sur les pâturages de ces communautés,a

provoqué le départ des paysans  qui ont abandonné leurs terres.

En 1340,une autre enquête de la Cour royale d'Aix à Noyers sur Jabron près de Sisteron, révèle que parmi

les maisons des hommes qui dépendent du chevalier Etienne Celley,110 sont habitées normalement et 42 fermées,mais en bon état; leurs possesseurs étant partis pour la basse Provence gagner leur vie durant la

saison hivernale,on espère les voir revenir au printemps,car ils ont coutume d'agir ainsi.

Ces divers témoignages attestent dans ces régions alpestre,une vingtaine d'années avant la peste noire,les premiers symptômes d'une récession démographique que l'épidémie va notablement accentuer.


 Cette crise touche durement toute la haute Provence; cependant en comparant,suivant les bailli es et vigueries,les nombres de feux des communautés en 1315 et 1471,on constate une baisse plus ou moins

accentuée suivant les régions.

 Les hautes vallées (baillies de Seyne,Colmars et Barrême) n'auraient perdu qu'un tiers environ de leurs habitants,alors que les plateaux de  moyenne attitude (baillies de Castellane,Moustiers et Forcalquier) présentent le pourcentage de diminution le plus élevé de toute la Provence (près des trois quarts de perte),

les circonscriptions de Sisteron et Digne offrant par ailleurs une moyenne de perte d'environ la moitié,qui

se rapproche de l'évolution des baillies et vigueries de basse Provence.

Si certains villages ont vu leur population diminuer sensiblement,d'autres ont été complètement abandonnés.
 Les baillies de Castellane présente la proportion la plus importante de ces villages désertés (plus du tiers),

puis Forcalquier et Digne (un peu plus du quart),alors que Sisteron n'en a qu'un sixième et les hautes  vallées encore moins ( 10) - (mais il faut se souvenir que ces hautes vallées avaient des communautés très nombreuses réparties en écarts qui ont pu disparaitre,alors que le chef-lieu reste toujours mentionné).

Si l'on examine la carte des communautés dépeuplées et réhabitées (XII s.- 1789)  de l'Atlas historique de la Provence 12,on constate que les villages abandonnés y sont très nombreux,alors que des régions voisines

n'ont pas été affectées par ce phénomène.

En se limitant à la haute Provence,on peut dire que la région la plus atteinte est l'ancien comté de Forcalquier (baillies d'Apt,de Forcalquier et partie méridionale de celle de Sisteron).

 Fait curieux,dans la baillie de Sisteron,il y a une opposition franche entre le  nord et le sud de la circonscription; dans le sud,l'importante densité des villages désertés continue la tache qui s'étend de l'autre côté de la Durance sur les circonscriptions de Forcalquier,et elle se poursuit aussi sur la frange de la baillie de Digne située à

l'ouest de la Bléone; à l'est et au sud de cette rivière le phénomène diminue progressivement.


 Par contre,dans le nord de la  baillie de Sisteron,à partir du bassin de la Sasse (affluent de la  rive gauche de la Durance),région qui ne diffère en rien,semble-t-il,de la zone plus méridionale,les villages désertés cessent brusquement.
 Les communautés,ici,ont résisté tout comme dans les vallées de la Blanche et de l'Ubaye.

                   REPEUPLEMENT ET RÉHABITATION A LA FIN DU XV  SIÈCLE ET AU XVI SIÈCLE

La reprise démographique se manifeste en haute Provence,comme dans le reste du pays,au XV siècle.
 Durant la première moitié de ce siècle,malgré la paix revenue,les chiffres de feux ont souvent tendance

encore à baisser légèrement; exceptionnellement,plusieurs communautés existantes mais réduites à quelques  unités d'habitants en 1400,sont officiellement déclarées inhabitées un peu plus tard.

 Cependant,dès 1430,il y a des signes de reprise démographique dans les localités restées habitées: certains terroirs abandonnés sont aussi remis en culture et des familles commencent à s'y rétablir d'une manière permanente; mais pour que cette reprise se marque par une augmentation des feux,il faut attendre  au moins une génération (pour que les enfants,devenus indépendants,quittent la maison paternelle et s'installent à

leur compte).

Les chiffres de feux fournis par l'affouagement de 1471,peut être en légère augmentation sur les années précédentes,sont cependant très inférieurs à ceux de 1315 et permettent de mesure approximativement la

baisse démographique atteinte dans la plupart des communautés en un siècle et demi.
 
Passé 1471 ,au  contraire,le nombre de feux augmente très rapidement et pour de nombreuses localités triple

en soixante-dix ans (on a quelques exemples tirés de la comparaison des affouagements de 1471 et 1540).

Les guerres de religion ont été particulièrement  meurtrières en haute Provence; dans quelle mesure

ont-elles affecté  la démographie ?

la haute Provence retrouve sensiblement au XVIII siècle le niveau de population qu'elle avait au début

du XIV (sauf les baillies de Colmars, Forcalquier,Castellane et Moustiers,qui ont  un excédent un peu supérieur d'un tiers à ce niveau).

De très nombreux villages,désertés durant les crises,ont été rapidement réhabités dès le XVI siècle.


 En règle générale,ce repeuplement s'est fait naturellement par les habitants des villages  voisins,dont certains étaient peut-être originaires de ces localités abandonnées.
 Cette reprise a amené souvent un habitat plus dispersé qu'auparavant ; sur le terroir d'un ancien village perché lui reste ruiné se sont établies des bastides plus ou moins regroupées en hameaux.

Quelquefois aussi un nouveau village,placé dans une position basse plus favorable,s'est substitué à l'ancien; souvent il porte le même nom,mais parfois on a adopté une nouvelle dénomination: aussi Champtercier s'est substitué à Oise,Le Bourguet à Bagarry,Le Brusquet à Lauzière et au Mousteiret.
 Parfois le repeuplement a été provoqué par les seigneurs qui ont passé un contrat dit de réhabitation avec des groupes d'immigrants étrangers au pays  !

 En haute Provence,ces actes d'habitation ne forment un groupe compact que dans le Luberon,des hautes

vallées de la Durance ou de la Stura (environ quinze communautés sont ainsi repeuplées par des actes s'échelonnant de 1471 pour Corbières) .

On connait quelques actes d'habitation pour divers villages isolés,( Saint Symphorien en 1504).

Un certain nombre de villages désertés n'ont jamais été repeuplés et leurs terroirs ont été rattachés aux

localités voisines;certains mal situés,sont restés ruinés; d'autres ont accueilli un habitat dispersé ou même quelques maisons groupées en hameaux,mais le repeuplement n'a pas été suffisant pour redonner à cet

ancien village une vie indépendante ; il est resté rattaché administrativement à une communauté voisine.


 Quelques-uns,enfin,ont pu,sous l'Ancien Régime,voir reconnaitre à nouveau leur personnalité morale.
 Des associations de possédant biens dans ces anciens  terroirs ont souvent entamé avec les villages auxquels

ils avaient été rattachés de longs procès pour retrouver cette autonomie (14).

Dans de nombreux cas,ces communautés,ainsi reconnues tardivement,sont restées très peu peuplées et

souvent elles ont,à nouveau,été supprimées au cours du XIX siècle.

Le peuplement des villages de haute Provence a subi ainsi  depuis la fondation de la plupart de ces agglomérations au haut Moyen Age de sérieuses variations.
 Le XIII siècle et la première moitié du XIV siècle ont été pour ces villages les périodes les plus favorables

à leur essor démographique.

La crise du XIV siècle a (13) amené l'abandon d'un grand nombre de ces localités,certaines n'ont jamais repris vie,mais beaucoup ont été peu à peu réhabilitées durant les siècles suivants.

 Cette crise démographique de la fin du Moyen Age préfigure le dépeuplement qui,depuis un siècle,s'est

abattu sur la haute Provence,et que conjurent malaisément

à notre époque contemporaine le développement industriel de la vallée de la Durance,et l'essor du tourisme

et des résidences secondaires des citadins.  
 
   Source: Édouard Baratier historien et archiviste français

2. Voir à ce sujet J.de FONT-REAULX, « L'origine des villages dans le Sud-Est,dans Bull.philol.et hist.dt.

Comité des Travaux Historiques,Congrès de Nice 1965 (Paris,1968),p.237-243.

3. La démographie (Paris,Sevpen,1961)provençale du Xl1Ie au XVIe siècle

4. L.Stouff,« Peuplement,économie et société de quelques villages de  la montagne de Lure (1250-1450) »

,dans Cahiers du Centre d'Etudes des Sociétés méditerranéennes,n° 1,p.35-108.S. Atlas historique Provence, Comtat Venaissin,comté de Nice (A. Colin,1969),carte n° 45.

 

6.  Voir à ce sujet E. BARATIER, Les enquêtes de Charles 1er d'Anjou en Provence,/252 et 1278 (Paris.

1969).p. 72·73.


7.  Sur les généralités de ce phénomène des villages désertés,Voir l'important ouvrage Villages désertés et histoire économique (xr-xvIII"' s.),publié par la Sixième Section de l’École des Hautes Études (Paris, Sevpen, 1965).

8. Voir notamment sur cette influence de la détérioration climatique sur les crises, l'article de P.CHAUNU

.« A partir du Languedoc ,de la peste noire à Malthus,dans la Revue historique (1967),p.358 et d'E.CARPENTIER,« Famines et épidémies dans l'histoire du XIV siècle,dans annales E.S.C.(1962),p.1062-1092.

9.  Sur ces enquêtes avant la peste noire,voir notre ouvrage sur la démographie provençale , op.cit.,p.73

et 80-81.10.
 Voir le tableau dressé par PESEZ et LE Roy LADURIE dans Villages désertés et histoire économique,p.160.

11 . N.COULET,« La survie des communautés d'habitants des villages disparus: l'exemple d'Aix et du pays

d'Aix aux XIe et XVe siècles,dans Annales de la Faculté des Lettres de Nice (1969),p.81-91.

12.  Atlas historique Provence,carte n° 101.

 

 

                                                   ********************************************

Un aspect de la haute Provence à la fin de la période médiévale peuplement,économie et société de quelques villages de la montagne de Lure par Louis Stouff .1250-1450

 

   (Faculté des Lettres d'Aix-en-Provence,Cahiers du Centre d’études des Sociétés méditerranéennes)

  EXTRAIT:

  Grace à l'impulsion donnée à l'histoire du moyen age par l'ardente équipe d'Aix,la haute Provence

 sort de ses brumes.

Six paroisses du département des Basses-Alpes choisies par Louis Stouff n'ont d'unité que par la grâce

de la géographie physique.

 Encore sait-on peu de choses sur elles avant la seconde moitié du Moyen Age.

Les flancs de la montagne de Lure attirèrent un peuplement qui fut plus dense du XIIe au XIVe siècle « qu'à aucun moment de leur histoire ».

  Des châteaux dominaient quelques villages perchés.

 Plus tardifs que ces villages, des habitats de plaine offraient, dans l'ensemble, un visage assez
pacifique.

 Nous connaissons fort mal la démographie de ces lieux avant 1471.

 Quelques-uns furent atteints par une diminution sensible de la population entre le dernier tiers

du XIVe siècle et la fin du XVe.

Les guerres, les famines, l'insuffisance de la protection comtale, le morcellement de l'autorité seigneuriale ont joué un rôle dans ce déclin.

L'auteur recherche l'origine des pouvoirs locaux. Surtout, il décrit les seigneuries pendant les trois derniers siècles du Moyen Age sous leur double aspect politique et foncier.

 Il examine les rapports des paysans avec leurs maîtres.

Il entre dans les villages, scrute les éléments de sociétés paysannes hiérarchisées, cherche à décrire l'équipement agricole, les cultures, l'élevage et la chasse, assiste aux conflits entre paysans et seigneurs

au sujet de la « terre gaste » 2, met en balance seigneurie rurale et communauté villageoise, examine les rapports entretenus avec les régions voisines par les hommes de ce petit milieu.

La publication de quelques documents termine un article copieux,un peu lent parfois, mais vivant, inspiré,

bien illustré et d'autant plus qui se plaint  méritoire que les textes sont dispersés et rares.
 L'auteur assez fréquemment de la pénurie documentaire sait allier la géographie à l'histoire.

Qu'il persiste dans cette voie  où il utilise une autre étude de Louis Stouff sur la démographie et critique les conclusions d' Édouard Baratier a pour centre Arles du XIIIe siècle à la fin du XVe.

 Là aussi, malgré ses imperfections, la  documentation autorise des approches grâce aux feux de queste

et aux enquêtes d'affouagement (en 1271, 1319 et 1438). 


 1 )  Banon, La Roche-Giron, Saumane, L'Hospitalet, Lardiers, Ongles. Titre de l'article
 Un aspect de la haute Provence à la fin de la période médiévale peuplement,économie et société de

quelques villages de la montagne de Lure, 1250-1450 (Faculté  des Lettres d'Aix-en-Provence, Cahiers

du Centre d' Études des Sociétés méditerranéennes,no 1, 1966, p. 35-109, illustr.).

2 ) Ce qui rappelle Th. SCLAFERT, Cultures en haute Provence. Paris, 1959 (cf. Rev.histor., t. CCXXXIIP, 1965, p. 176).

                                                                                        FIN
 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now